• Sandrine Dumazer

Histoire du mot massage


Il est toujours intéressant de connaitre l'histoire ou l'origine d'un mot, d'une pratique, d'une coutume.

Aujourd'hui cela concerne l'histoire du mot massage, que l'on retrouve pour la première fois écrit dans un ouvrage de la langue française en 1771.

Le mot friction vient du lat. imp. frictio, terme de médecine lui-même formé sur le supin frictum de fricare « frotter » a ainsi régné sans partage pendant plus de deux milles ans en partance de ses sources latines jusqu'à la formation française du motfriction. Il fut quasiment le seul mot alors disponible pour qualifier le massage et il nous faudra attendre le XIXe pour que le vocable-Dauphin sorte des forges conjuguées des linguistes et des voyageurs et que le massage supplante définitivement lafriction.

Comme c'est souvent le cas lorsqu'on étudie les mots, nous y trouvons bien des informations sur notre histoire et par-delà, sur ce que nous sommes, c'est par le mot que la psychanalyse de l'histoire révèle ses blessures les plus profondes et ici, la nature-même des liens que cet occident a pu entretenir avec son corps. Un corps résolument abordé par la friction est un corps que l'on malmène, notez simplement le préfixe fri, qui à lui-seul, évoque la résistance, frigidus, frais, froid, glacé que la friction se propose de réchauffer en limant le papier de verre d'un frisson sur la peau. Ce joli malaise corporel que l'on soigne par le frottement de la peau par l'énergie du mouvement parait bien dans ce mot, plus rigide, contrôlé que dans celui de massage.

Nous savons que dans pape, patrie, patriarche, pater il y a papa et je ne peux m'empêcher ici de trouver dans la syllabe ma demassage celle que l'on emploi pour maman. Le 'ma'ssage est 'ma'ternant. Mass en arabe c'est le toucher, la palpation mais surtout le toucher. Les arabes semblent avoir compris avant nous que le massage n'est pas qu'une question brutale de friction, ce serait trop court de le limiter à la seul réponse d'un mal alors que l'on pouvait probablement faire bien plus long par le toucher pour répondre à un bien. La friction implique le rythme, l'urgence, la sauvegarde, on ne peut inscrire la friction dans la durée et se laisser frictionnerplusieurs heures. Des millénaires de frictions historiques, politiques et comme si les Lumières du 18e siècles et les prémices de la Révolution industrielle et de ses promesses de vie meilleures devaient aller de paire avec des corps définitivement libérés de leurs chaînes, le mot massage nous arrive par navire.

Ces navires de chêne, gigantesques, majestueux, étaient eux-même fait aussi de chaînes, bien plus froides celles-là, mortes-chaînes-de-fer pour esclaves, pour bien des hommes et des femmes parfois encore enfants mais ici, dans ce navire de retour des Indes qu'empruntera Abraham-Hyacinthe Anquetil Duperron 1731-1805, dans ses notes, celles qu'il s'agirait d'aller rechercher dans les archives de la Bibliothèque Nationale de France, se trouve le mot MASSAGE manuscrit. Car, avant même d'avoir était publié pour la première fois dans un ouvrage de langue française dans ces fameux Zend-Avesta, tome 1er sur les trois que compte la publication éditée en 1771, un français "l'entend" bien avant cette date, peut-être dans cette ville de Surate, en tout cas c'est de là qu'il en parle, il le note, mieux encore, il se fait masser par un masseur Parse venu le soigner. La transition, l'articulation entre le terme primitif et son successeur est là, Louis XVI est encore Roi de France, et dans les malles d'Anquetil, le roi des mots, celui que rien ni personne ne viendra désormais détrôner. Anquetil Duperron ECRIT le MOT "MASSAGE" pour la première fois, après l'avoir entendu, , après l'avoir prononcé, il l'écrit et il l'emmène avec lui et le révèle à l'occident. Il parle aussi du "mâssé" mais lemasseur, la masseuse reste un Parse. Il est à deux doigts, dans un seul texte, au sain du même livre, de nous restituer la collection complète des mots qui nous désignent mais voilà, il désigne le métier, ses bénéficiaires mais oublie de citer ses praticiens. L'erreur sera rattrapée avec beaucoup de maestria 8 ans plus tard par Guillaume J. H. J. B. Le Gentil de la Galaisière avec Voyage dans les Mers de l'INDE, Ed. Imprimerie Royale de 1779 - 1781en 2 tomes.



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